Étranger - Europe

Maintien d'un étranger en zone d'attente

Un étranger peut être placé en zone d'attente à son arrivée à la frontière pour un temps limité et dans certaines conditions.
Fiche pratiqueMis à jour le 23/07/2025Particuliers

Un étranger arrivant en France par bateau, train ou avion peut être placé en zone d'attente à la frontière dans 3 cas : s'il fait l'objet d'un refus d'entrée en France ou si l'embarquement vers le pays de destination finale lui a été refusé ou s'il demande l'asile à la frontière. La procédure de maintien en zone d'attente est encadrée juridiquement et limitée dans le temps (26 jours maximum). Comment se déroule la procédure et quels sont les droits dont bénéficie l'étranger ? Nous vous expliquons cette procédure.

Selon votre situation

Refus d'entrée en France

Vous pouvez être placé en zone d'attente si vous êtes un étranger arrivant en France par bateau, train ou avion et que vous faites l'objet d'un refus d'entrée en France .

Qu'est-ce qu'une zone d'attente ?

La zone d'attente est un espace bien délimité situé dans l’un des lieux suivants :
  • Aéroport (Roissy, Orly, etc.),

  • Port ou à proximité d'un lieu de débarquement (Marseille, Calais, etc.),

  • Gare ferroviaire ouverte au trafic international (Paris-Gare du Nord, Lille-Europe, Strasbourg, Nice, Modane, etc).

  • Il ne faut pas confondre une zone d'attente et un centre de rétention .La zone s'étend des points d'embarquement et de débarquement aux points où sont effectués les contrôles des voyageurs (zones sous douane).Elle couvre aussi les lieux où vous devez vous rendre dans le cadre de la procédure de maintien en zone d'attente et en cas de nécessité médicale (devant le tribunal ou à l'hôpital par exemple).Dans l'attente de la décision prise sur votre situation, vous pouvez être hébergé dans une structure spécialement aménagée ou dans un hôtel à proximité de votre lieu d'arrivée.

    À noter

    Si vous arrivez en groupe (au moins 10 étrangers) en dehors d'un point de passage frontalier, vous pouvez être placés dans une zone d'attente mobile temporaire. Vous serez ensuite transférés vers une zone d'attente normale (rattachée au point frontalier le plus proche).

    Pour quelle durée peut-on être maintenu en zone d'attente ?

    La police aux frontières peut vous maintenir en zone d'attente pendant 4 jours maximum. Ce délai commence dès que vous êtes à la disposition des services de police.Votre maintien en zone d'attente vous est notifié par une décision administrative écrite, qui précise les raisons de votre maintien.Elle fait l'objet d'une inscription obligatoire sur un registre mentionnant votre état civil et la date et l'heure à laquelle la mesure vous a été notifiée.Elle mentionne vos droits et délais de recours.La décision et la notification de vos droits vous sont communiqués dans une langue que vous comprenez.

    Conditions de prolongation du maintien en zone d'attente

    Avant la fin des 4 jours de maintien administratif, la police peut saisir le magistrat du siège du tribunal judiciaire pour prolonger votre maintien en zone d'attente.

    Le juge peut alors prolonger votre placement en zone d'attente pour 8 jours maximum, portant la durée totale de votre séjour en zone d'attente à 12 jours .

    Le juge du tribunal dont dépend la zone d'attente statue par ordonnance dans les 24 heures qui suivent le moment où il a été saisi (ou dans les 48 heures si l'instruction le nécessite ou si le placement en zone d'attente concerne un nombre important d'étrangers en même temps).

    L'ordonnance vous est notifiée. Elle est également notifiée au préfet et au procureur de la République .

    L'audience peut se tenir au tribunal ou dans une salle proche de la zone d'attente.

    Le juge peut être saisi pour une 2 e prolongation. Celle-ci ne peut intervenir qu'à titre exceptionnel ou en cas de volonté délibérée de votre part de faire échec à votre départ. Cette prolongation est de 8 jours maximum, portant la durée totale du séjour en zone d’attente à 20 jours .

    Si l'ordonnance met fin à votre maintien en zone d'attente, vous êtes, à partir de sa notification, maintenu à la disposition de la justice pendant 6 heures (sauf décision contraire du procureur).

    Durant cette période, vous pouvez, si vous le souhaitez, contacter votre avocat ou toute personne de votre choix et demander l'assistance d'un médecin.

    Au total, la durée de votre maintien en zone d'attente ne peut pas dépasser 20 jours (4 jours de maintien administratif + 1 re prolongation judiciaire de 8 jours maximum + 2 e prolongation judiciaire de 8 jours maximum).

    Toutefois, dans 2 situations particulières, le maintien en zone d'attente peut être supérieur à 20 jours  :

    • Si vous déposez une demande d'asile entre les 14 e et 20 e jours de votre présence en zone d'attente, votre maintien est prolongé de 6 jours, afin de permettre l'examen de votre demande

    • Si votre entrée en France au titre de l'asile a été refusée et que vous faîtes un recours en annulation dans les 4 derniers jours de la mesure de maintien, celle-ci est prolongée de 4 jours.

    Recours contre la prolongation du maintien en zone d'attente

    Vous pouvez contester l'ordonnance de prolongation dans les 24 heures de son prononcé.

    Vous devez saisir le 1 er président de la cour d'appel (ou son délégué). Il doit alors rendre une décision dans les 48 heures.

    Votre appel n'est pas suspensif  : vous pouvez être reconduit avant la décision du juge.

    Cour d'appel

    cour_appel Ministère chargé de la justice

    Ensuite, si vous voulez contester l'ordonnance de la cour d'appel, vous pouvez former un recours en cassation .

    Cour de cassation

    Quels droits a-t-on en zone d'attente ?

    Les droits diffèrent selon que vous êtes un mineur isolé ou non.

    Cas général

    Vous êtes informé dans les meilleurs délais que vous pouvez demander l'assistance d'un interprète et d'un médecin.

    Vous pouvez communiquer avec un avocat ou toute personne de votre choix.

    Avocat

    Conseil national des barreaux (CNB)

    Si vous ne parlez pas français, vous devez indiquer à votre entrée en zone d'attente une langue que vous comprenez et si vous savez lire.

    La langue que vous avez déclarée comprendre est utilisée jusqu'à la fin de la procédure.

    Sinon, la langue utilisée est le français.

    Le procureur de la République et le magistrat du siège du tribunal judiciaire peuvent se rendre dans les zones d'attente pour vérifier les conditions de maintien des personnes.

    Le contrôleur général des lieux de privation des libertés peut aussi visiter à tout moment les zones d'attente.

    Des agents de l' Ofii sont présents dans certaines zones d'attente. Ils sont chargés de votre assistance humanitaire.

    Plusieurs associations peuvent aussi vous assister. Il s'agit d'associations spécialisées dans l'aide et l'assistance aux étrangers, la défense des droits de l'homme ou l'assistance médicale ou sociale. Elles peuvent avoir des permanences sur place ou téléphoniques et vous entendre.

    Mineur isolé

    Si vous êtes mineur et entré en France sans représentant légal, le procureur de la République vous désigne sans délai un administrateur ad hoc .

    Cet administrateur vous assiste et vous représente dans toutes les procédures administratives et juridictionnelles concernant votre maintien en zone d'attente et votre entrée en France.

    Il doit se rendre obligatoirement auprès de vous.

    Vous êtes informé dans les meilleurs délais que vous pouvez demander l'assistance d'un interprète et d'un médecin.

    Vous pouvez communiquer avec un avocat ou toute personne de votre choix.

    Avocat

    Conseil national des barreaux (CNB)

    Si vous ne parlez pas français, vous devez indiquer à votre entrée en zone d'attente une langue que vous comprenez et si vous savez lire.

    La langue que vous avez déclarée comprendre est utilisée jusqu'à la fin de la procédure.

    Sinon, la langue utilisée est le français.

    Le procureur de la République et le magistrat du siège du tribunal judiciaire peuvent se rendre dans les zones d'attente pour vérifier les conditions de maintien des personnes.

    Le contrôleur général des lieux de privation des libertés peut aussi visiter à tout moment les zones d'attente.

    Des agents de l' Ofii sont présents dans certaines zones d'attente. Ils sont chargés de votre assistance humanitaire.

    Plusieurs associations peuvent aussi vous assister. Il s'agit d'associations spécialisées dans l'aide et l'assistance aux étrangers, la défense des droits de l'homme ou l'assistance médicale ou sociale. Elles peuvent avoir des permanences sur place ou téléphoniques et vous entendre.

    Comment le maintien en zone d'attente prend-il fin ?

    Votre maintien en zone d'attente peut prendre fin de 2 manières : soit vous devez quitter la France, soit vous êtes autorisé à entrer temporairement en France.

    Départ de France

    Le départ peut être volontaire ou contraint.

    Départ volontaire

    Vous pouvez quitter à tout moment la zone d'attente pour tout pays étranger.

    Départ contraint

    Vous êtes reconduit vers l'un des pays suivants :

    Pays d'origine

    Pays d'où vous venez

    Autre pays où vous pouvez être admis.

    Vous pouvez être transféré dans une autre zone d'attente si votre renvoi ne peut pas avoir lieu de la gare, de l'aéroport ou du port où vous êtes maintenu.

    Ce transfert n'interrompt pas la procédure de maintien en zone d'attente.

    • Pays d'origine

    • Pays d'où vous venez

    • Autre pays où vous pouvez être admis.

    Entrée légale en France

    Votre entrée en France peut résulter :

    • Soit du refus du   magistrat du siège du tribunal judiciaire de prolonger votre maintien en zone d'attente

    • Soit de la fin du délai maximum autorisé du maintien en zone d'attente, si votre départ n'a pas pu avoir lieu.

    Un visa de régularisation valable 8 jours (appelé sauf-conduit ) vous est délivré.

    Avant la fin de ce délai, vous devez :

    • Soit quitter la France

    • Soit vous rendre en préfecture pour déposer une demande de carte de séjour , si vous y êtes autorisé.

    Si vous êtes mineur isolé , vous êtes confié à l'aide sociale à l'enfance ou directement à une structure spécialisée dans l’accueil des mineurs.

    Définitions

    Notification
    Formalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne
    Magistrat du siège
    Magistrat qui exerce la fonction de juger
    Ordonnance
    Nom donné à certaines décisions de justice prises par un magistrat unique (président de juridiction, juge d'instruction, etc.). Par exemple, une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel prise par un juge d'instruction.
    Procureur de la République
    Magistrat à la tête du parquet (ou ministère public). Il est destinataire des plaintes et signalements. Il dirige les enquêtes, décide des poursuites et veille à l'application de la loi.
    Recours juridictionnel suspensif
    Recours exercé devant un juge qui a pour effet d'empêcher l'application d'une mesure ou d'une décision, tant que celui-ci n'a pas décidé
    Mineur isolé étranger
    Personne âgée de moins de 18 ans, qui se trouve en dehors de son pays d'origine et qui n'est pas accompagnée d'un parent (ou d'une autre personne exerçant l'autorité parentale). On parle aussi de mineur non accompagné (MNA)
    Européen (UE + EEE + Suisse)
    Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse
    Représentant légal
    Personne désignée par la loi pour représenter et défendre les intérêts d'une autre personne. Par exemple, le père ou la mère d'un enfant mineur ou le dirigeant d'un organisme
    Ordre public
    Ensemble des règles et principes fondamentaux du droit

    Questions associées

    Qui peut vous aider

    Délégation du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)

    Références

    Fiches connexes