Justice

Libération sous contrainte

La libération sous contrainte permet à la personne incarcérée de sortir de prison avant la fin de sa peine.
Fiche pratiqueMis à jour le 27/04/2026Particuliers

La libération sous contrainte est une mesure permettant à une personne condamnée à une peine de prison inférieure à 5 ans d'exécuter la fin de sa peine en dehors d'un établissement pénitentiaire . Le bénéficiaire de ce dispositif effectue le restant de sa peine dans le cadre d'une semi-liberté , d'un placement à l'extérieur , d'une détention à domicile sous surveillance électronique ou d'une libération conditionnelle . Cette mesure a pour but d'éviter les cas de récidive .

Qui peut bénéficier d'une libération sous contrainte ?

La libération sous contrainte concerne une personne incarcérée .Les conditions permettant de bénéficier de cette mesure diffèrent en fonction de la durée de la peine de prison à laquelle la personne a été condamnée :

Peine inférieure à 5 ans

La personne condamnée à une peine de prison inférieure à 5 ans peut bénéficier d'une libération sous contrainte si les 3 conditions suivantes sont réunies :

  • Elle a accompli les 2/3 de sa peine (par exemple, une personne condamnée à 3 ans d'emprisonnement peut obtenir une libération sous contrainte si elle a déjà accompli 2 ans de prison)

  • Elle n'a pas effectué une demande d'aménagement de peine qui serait en cours de traitement

  • Elle n'a pas refusé d'être libérée sous contrainte.

Peine inférieure à 2 ans

En principe, la personne condamnée à une peine d'emprisonnement inférieure à 2 ans bénéficie d'une libération sous contrainte lorsqu'elle n'a plus que 3 mois de prison à accomplir .

Néanmoins, la libération sous contrainte n'est pas accordée dans les situations suivantes :

À savoir

Si la personne est étrangère et qu’elle fait l’objet d’une interdiction du territoire français , d’une obligation de quitter le territoire français ou d’une interdiction de retour sur le territoire français , la libération sous contrainte est octroyée uniquement si cette mesure est exécutée .

Comment obtenir une libération sous contrainte ?

La procédure permettant d'obtenir une libération sous contrainte diffère en fonction de la peine de prison prononcée contre l'auteur de l'infraction  :

Peine inférieure à 5 ans de prison

Au moins 1 mois avant que la personne incarcérée ait exécuté les 2/3 de sa peine, le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) doit la prévenir qu’elle peut bénéficier d’une libération sous contrainte. Si elle ne s’y oppose pas, cette mesure peut être envisagée.

La libération sous contrainte est en principe à l'initiative du juge. Si le juge ne s'est pas prononcé aux 2/3 de la peine, la personne incarcérée peut en faire la demande.

À l'initiative du juge de l'application des peines

Lorsque la personne arrive aux 2/3 de sa peine de prison, le juge de l'application des peines (Jap) analyse sa situation pour ordonner une libération sous contrainte.

Pour prendre sa décision, le Jap peut demander à entendre la personne concernée et/ou son avocat.

Si la personne incarcérée répond aux critères de la libération sous contrainte, le Jap ordonne cette mesure.

Après avoir consulté la commission de l'application des peines , il fixe le cadre dans lequel la personne condamnée sera suivie après sa sortie de prison :

Placement à l'extérieur

Détention à domicile sous surveillance électronique

Semi-liberté

Ou libération conditionnelle .

Le Jap notifie sa décision à la personne condamnée par le biais du chef de l'établissement pénitentiaire dont elle dépend.

Cette décision peut faire l'objet d'un recours devant la chambre de l'application des peines , dans un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance .

À la demande de la personne incarcérée

Si la personne incarcérée a exécuté les 2/3 de sa peine de prison et que le Jap n'a pas examiné sa situation, elle peut effectuer une demande de libération sous contrainte à la chambre de l'application des peines .

Cette demande doit être faite :

Par lettre RAR , à la chambre de l'application des peines dont dépend le Jap qui aurait dû se prononcer sur une possible libération sous contrainte

Ou par déclaration au chef de l'établissement pénitentiaire dont dépend la personne condamnée.

La chambre de l'application des peines se prononce directement et peut accorder la libération sous contrainte.

C'est également elle qui fixe le cadre dans lequel la personne condamnée sera suivie après sa sortie de prison (placement à l'extérieur, semi-liberté, détention à domicile sous surveillance électronique ou libération conditionnelle).

Devant cette juridiction, la personne incarcérée doit être assistée d'un avocat. Si elle n'a pas les revenus suffisants pour faire appel à un avocat, elle peut demander l'aide juridictionnelle .

  • Par lettre RAR , à la chambre de l'application des peines dont dépend le Jap qui aurait dû se prononcer sur une possible libération sous contrainte

  • Ou par déclaration au chef de l'établissement pénitentiaire dont dépend la personne condamnée.

Peine inférieure à 2 ans de prison

Lorsqu'une personne incarcérée n'a plus que 3 mois de prison à accomplir, sauf exception , elle bénéficie automatiquement d'une libération sous contrainte.

Cette mesure peut être prononcée par le Jap , même si le condamné s'y oppose.

Après avoir consulté la commission de l'application des peines , le juge de l'application des peines fixe le cadre dans lequel la personne condamnée sera suivie après sa sortie de prison :

Le juge de l'application des peines notifie sa décision à la personne condamnée par le biais du chef de l'établissement pénitentiaire dont elle dépend.

À noter

Si la libération sous contrainte est impossible à mettre en place, le Jap doit le préciser dans une décision motivée .

Quelles sont les suites d'une décision de libération sous contrainte ?

La personne incarcérée sort de prison dans les jours qui suivent la décision de libération sous contrainte.Elle exécute la fin de sa peine dans les conditions fixées par le juge de l'application des peines ou par la chambre de l'application des peines .Elle doit respecter les obligations liées à son aménagement de peine .Il peut notamment s'agir de :
  • Répondre aux convocations du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP)

  • Prévenir le SPIP en cas de changement de domicile ou de déplacement de plus de 15 jours

  • Informer le Jap en cas de déplacement à l'étranger

  • Se soumettre à des mesures d'examen médical, de traitement ou de soins si la personne est alcoolique ou consomme des drogues

  • Indemniser les victimes

  • Ne pas fréquenter certaines personnes (exemple : un complice , une victime) ou certains lieux déterminés (par exemple, un débit de boissons)

  • Accomplir un travail d'intérêt général.

  • Durant toute la période de libération sous contrainte, la personne condamnée est suivie et contrôlée par le SPIP de l'établissement dans lequel elle se trouvait avant sa sortie.Un premier entretien avec un conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation a lieu dans les 5 jours suivants la sortie de prison . Il permet de déterminer la manière dont la personne qui obtient la libération sous contrainte sera pris en charge en fonction de sa situation personnelle et de l'aménagement de peine dont il bénéficie (exemple : entretiens mensuels avec un CPIP ).

    La libération sous contrainte peut-elle être retirée ?

    La libération sous contrainte peut être retirée à la personne qui ne respecte pas les obligations et interdictions fixées dans le cadre de son aménagement de peine .Si le juge de l'application des peines (Jap) envisage de retirer la libération sous contrainte, il convoque la personne concernée pour qu'elle présente ses observations.

    À noter

    Si le procureur de la République et le bénéficiaire de la libération sous contrainte sont d'accord, le Jap peut procéder au retrait sans entendre la personne concernée.

    Après avoir examiné la situation de la personne condamnée et avoir obtenu l'avis d'un représentant de l'administration pénitentiaire, le Jap rend une décision motivée .S'il décide du retrait de la libération sous contrainte, la personne condamnée retourne en prison pour exécuter la fin de sa peine.Ce jugement peut faire l'objet d'un recours devant la chambre de l'application des peines , dans un délai de 24 heures suivant sa notification .

    À savoir

    Devant la chambre de l'application des peines, la personne condamnée doit être assistée d'un avocat. Si ces revenus sont insuffisants pour faire appel à un avocat, elle peut faire une demande d'aide juridictionnelle .

    Avocat

    Conseil national des barreaux (CNB)

    Définitions

    Établissement pénitentiaire
    Lieu dans lequel les personnes en attente d'un jugement ou condamnées à une peine de prison sont détenues ou incarcérées (exemple : une maison d'arrêt)
    Semi-liberté
    Aménagement qui permet au détenu de quitter la prison pendant la journée et d'y retourner le soir, dans le but d’exercer une activité professionnelle, de suivre un enseignement ou une formation, de rechercher un emploi, etc. La semi-liberté peut être accordée à la personne condamnée à une peine inférieure ou égale à 2 ans de prison ou à laquelle il ne reste que 2 ans de prison à accomplir
    Placement à l'extérieur
    Aménagement qui permet à la personne condamnée de sortir de prison pour exercer une activité professionnelle ou bénéficier d'une prise en charge sanitaire. La personne dort en prison ou dans un endroit désigné par le juge. Cet aménagement peut être accordé aux personnes condamnées à une peine inférieure ou égale à 2 ans de prison ou pour lesquelles il ne reste que 2 ans de prison à accomplir.
    Détention à domicile sous surveillance électronique
    Aménagement de la peine au cours duquel le condamné doit rester à domicile ou dans le lieu désigné par le juge, sauf en dehors des périodes qu’il fixe. La personne qui en bénéficie porte un bracelet électronique. Cet aménagement peut être accordé à la personne condamnée à une peine inférieure ou égale à 2 ans de prison ou à laquelle il ne reste que 2 ans de prison à accomplir
    Libération conditionnelle
    Libération d'un détenu avant l'exécution de la totalité de sa peine de prison, en contrepartie du respect de certaines mesures de contraintes
    Récidive légale
    Fait, pour une personne déjà condamnée, de commettre une nouvelle infraction identique ou assimilée, dans un certain délai, et pouvant entraîner une peine plus lourde que celle normalement prévue.
    Incarcération
    Fait de mettre une personne en prison après qu'elle ait été condamnée
    Aménagement de peine
    Mode d'exécution d'une peine de prison ferme qui permet à la personne condamnée d’effectuer tout ou partie de sa peine en dehors d’une prison (détention à domicile sous surveillance électronique, semi-liberté, placement à l'extérieur, libération conditionnelle, etc.)
    Emprisonnement
    Peine de prison prononcée en cas de délit
    Crime
    Infraction la plus grave punissable par une peine de prison (viol, violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, meurtre, assassinat par exemple)
    Délit
    Acte interdit par la loi et puni d'une amende et/ou d'une peine d'emprisonnement inférieure à 10 ans
    Dépositaire de l'autorité publique
    Personne qui a reçu un pouvoir de sanction et/ou de contrainte de la part des pouvoirs publics
    Infraction
    Acte interdit par la loi et puni d'une sanction pénale. Il existe 3 types d'infractions classés en fonction de leur gravité : les contraventions, les délits et les crimes
    Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP)
    Service départemental de l'administration pénitentiaire qui assure le contrôle et le suivi des peines exécutées au sein d'un établissement pénitentiaire ou en milieu ouvert
    Juge de l'application des peines
    Juge compétent pour superviser la manière dont la peine va être appliquée à une personne condamnée
    Commission de l'application des peines
    Commission consultative, présente dans chaque établissement pénitentiaire, qui assiste le juge de l'application des peines lors de la prise de certaines décisions concernant l'exécution d'une sanction pénale
    Chambre de l'application des peines
    Juridiction qui dépend de la cour d'appel et qui a pour rôle d'examiner les recours contre les décisions relatives à l'exécution des peines
    Ordonnance
    Nom donné à certaines décisions de justice prises par un magistrat unique (président de juridiction, juge d'instruction, etc.). Par exemple, une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel prise par un juge d'instruction.
    Notification
    Formalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne
    Décision motivée (justice)
    Obligation pour le juge d'expliquer les raisons pour lesquelles il a pris cette décision
    Complice
    Personne qui aide l'auteur des faits à accomplir l'infraction
    Conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation
    Professionnel qui intervient en prison auprès de personnes détenues et en milieu ouvert ou de personnes soumises à un contrôle judiciaire, une surveillance électronique, une libération conditionnelle ou un sursis probatoire. Il a pour mission d'accompagner ces personnes durant l'exécution de leur peine.
    Procureur de la République
    Magistrat à la tête du parquet (ou ministère public). Il est destinataire des plaintes et signalements. Il dirige les enquêtes, décide des poursuites et veille à l'application de la loi.

    Qui peut vous aider

    Avocat

    Pour être accompagné lors d’une demande de libération sous contrainte

    Voir le site

    Références

    Fiches connexes