Justice

Réductions de peine

Toute personne condamnée peut bénéficier d'une réduction de peine si elle répond à certaines conditions.
Fiche pratiqueMis à jour le 10/04/2026Particuliers

Vous avez été condamné à une peine privative de liberté pour avoir commis une infraction  ? Quelle que soit la date à laquelle votre condamnation est devenue définitive , vous pouvez bénéficier de réductions de peine. Ainsi, la durée de la peine que vous effectuerez réellement sera réduite par rapport à celle prononcée par le juge pénal. Nous vous présentons les informations à connaître.

Selon votre situation

Depuis le 1er janvier 2023

Quelles sont les conditions d'obtention d'une réduction de peine ?

Une réduction de peine peut vous être accordée si vous êtes définitivement condamné à une peine privative de liberté que vous exécutez en France.Par ailleurs, il est nécessaire que vous fassiez preuve d'une bonne conduite au cours de votre privation de liberté. Votre bonne conduite peut se traduire par :
  • Le respect du règlement intérieur de la prison dans laquelle vous êtes incarcéré

  • L'entretien de relations respectueuses avec le personnel pénitentiaire et avec les autres personnes détenues

  • Le respect des horaires en cas de placement à l'extérieur , de semi-liberté ou de détention à domicile sous surveillance électronique

  • Votre présence aux rendez-vous fixés par le juge de l'application des peines .

  • Vous devez aussi avoir fait des efforts sérieux de réinsertion . Ces efforts peuvent se manifester par :
  • Le suivi d'une formation scolaire, universitaire ou professionnelle

  • L'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul en prison

  • La participation aux activités culturelles et sportives prévues par l'établissement pénitentiaire

  • La signature d'un contrat de travail

  • Le suivi d'une thérapie pour éviter les risques de récidive

  • L’investissement dans un programme proposé par le service pénitentiaire d’insertion et de probation

  • L'indemnisation de la victime de l'infraction pour laquelle vous avez été condamné.

  • Comment la personne condamnée peut-elle solliciter une réduction de peine ?

    Vous (ou votre avocat) avez la possibilité de solliciter une réduction de peine en déposant une requête au greffe du juge de l'application des peines .Votre demande doit être accompagnée de tous les éléments permettant de démontrer que vous vous êtes bien conduit au cours de votre privation de liberté et que vous avez fait des efforts sérieux de réinsertion. Il peut notamment s'agir des documents suivants :
  • Rapport du service pénitentiaire d'insertion et de probation de l'établissement pénitentiaire dont vous dépendez

  • Contrat de travail

  • Justificatif de suivi d'une formation scolaire, universitaire ou professionnelle

  • Diplôme obtenu en prison

  • Attestation médicale qui prouve que vous suivez une thérapie

  • Preuve d'indemnisation de la victime.

  • Votre demande doit également comporter votre signature et/ou celle de votre avocat.Elle doit être transmise au Jap compétent pour le lieu dans lequel vous exécutez votre peine privative de liberté . Elle peut être remise en main propre ou être envoyée par lettre RAR .

    Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité

    Ministère chargé de la justice

    À savoir

    Si vous êtes incarcéré, vous pouvez également remettre une déclaration au chef de l'établissement pénitentiaire dans lequel vous vous trouvez. Dans ce cas, votre demande sera immédiatement transmise au Jap .

    Si ces règles sont respectées , le Jap examine votre situation et sollicite l'avis de la commission de l'application des peines . Puis, il rend une décision motivée .Si vous n'êtes pas satisfait de cette décision, vous pouvez la contester devant la chambre de l'application des peines . Vous disposez d'un délai de 24 heures à compter de la notification de la décision.Devant la chambre de l'application des peines, vous devez être assisté d'un avocat. Si vous ne disposez pas des ressources nécessaires pour faire appel à un avocat, vous pouvez éventuellement demander l'aide juridictionnelle .

    Avocat

    Conseil national des barreaux (CNB)

    À savoir

    Une fois par an , le juge de l'application des peines doit se prononcer sur la possibilité de vous accorder une réduction de peine même si vous n’avez pas fait de demande. Pour prendre sa décision, il vérifie votre bonne conduite et les efforts fournis de réinsertion. Si vous n'êtes pas satisfait de cette décision, vous pouvez la contester devant la chambre de l'application des peines dans un délai de 24 heures suivant la notification de la décision.

    Quelle est la durée d'une réduction de peine accordée par le Jap ?

    Le montant de la réduction de peine est déterminé en fonction de la durée de la peine privative de liberté à laquelle vous avez été condamné.Si vous exécutez plusieurs peines en même temps, vous relevez du système des réductions de peine applicable à la peine encourue la plus longue.Si vous étiez en détention provisoire avant votre jugement, la durée pendant laquelle vous étiez détenu est prise en compte pour calculer le montant du crédit de peine.

    Peine privative de liberté inférieure à 1 an

    La durée de la réduction de peine varie également en fonction de la nature de l'infraction que vous avez commise :

    Cas général

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 14 jours par mois d'incarcération .

    Crime ou délit sur une personne dépositaire de l'autorité publique

    Dans ce cas, le montant des réductions de peines diffère en fonction de l'infraction commise sur la personne dépositaire de l'autorité publique  :

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 7 jours par mois d'incarcération .

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 9 jours par mois d'incarcération .

    Meurtre ou torture

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 7 jours par mois d'incarcération .

    Violences

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 9 jours par mois d'incarcération .

    Infraction pour lesquelles un suivi-socio judiciaire est encouru

    Si vous avez été condamné pour avoir commis une infraction pour laquelle un suivi socio-judiciaire est encouru (exemple : viol ou agression sexuelle ) et que vous ne suivez pas le traitement proposé, la durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée est de 7 jours par mois d'incarcération .

    Ces règles sont applicables pour les personnes qui se trouvaient en détention provisoire avant le 31 décembre 2022 et qui ont été condamnées après le 1 er janvier 2023.

    Infraction de terrorisme

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 7 jours par mois d'incarcération .

    Ces règles ne sont pas applicables en cas de provocation au terrorisme ou d'apologie du terrorisme .

    Peine privative de liberté supérieure à 1 an

    La durée de la réduction de peine varie également en fonction de la nature de l'infraction que vous avez commise :

    Cas général

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 6 mois par année d'incarcération .

    Crime ou délit commis sur une personne dépositaire de l'autorité publique

    Dans ce cas, le montant des réductions de peines diffère en fonction de l'infraction commise sur la personne dépositaire de l'autorité publique  :

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 3 mois par année d'incarcération .

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 4 mois par année d'incarcération .

    Meurtre ou torture

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 3 mois par année d'incarcération .

    Violences

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 4 mois par année d'incarcération .

    Infraction pour lesquelles un suivi-socio judiciaire est encouru

    Si vous avez été condamné pour avoir commis une infraction pour laquelle un suivi socio-judiciaire est encouru (exemple : viol ou agression sexuelle ) et que vous ne suivez pas le traitement proposé, la durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée est de 3 mois par année d'incarcération .

    Infraction de terrorisme

    La durée maximale de la réduction de peine qui peut vous être accordée par le Jap est de 3 mois par année d'incarcération .

    Ces règles ne sont pas applicables en cas de provocation au terrorisme ou d'apologie du terrorisme .

    Le bénéficiaire d'une réduction de peine a-t-il des obligations après sa libération ?

    Après votre libération , vous pouvez être soumis à des obligations fixées par le juge de l'application des peines .Par exemple, le Jap peut vous contraindre à :
  • Répondre aux convocations du service pénitentiaire d'insertion et de probation

  • Le prévenir de vos changements d'emploi

  • Le prévenir en cas de changement de domicile

  • Le prévenir si vous partez en vacances pendant plus de 15 jours

  • Vous abstenir de conduire certains véhicules

  • Vous abstenir de vous rendre dans certains lieux (par exemple, un débit de boissons)

  • Vous abstenir de fréquenter certaines personnes (par exemple, un complice de l'infraction que vous avez commise).

  • Le Jap fixe le temps pendant laquelle vous devez respecter ces obligations. Ce temps ne peut pas dépasser la durée de la réduction de peine accordée.Par exemple, si vous bénéficiez d'une réduction de peine de 5 mois, vous devez respecter les obligations fixées par le Jap pour une durée maximale de 5 mois.

    Les réductions de peine peuvent-elles être retirées ?

    La réduction de peine qui vous a été accordée peut être retirée dans 2 situations :
  • Au cours de l'année suivant le moment auquel elle vous a été octroyée, vous faites preuve d'une mauvaise conduite (par exemple, commission de nouvelles infractions , refus de vous soumettre à des prélèvements pour établir votre empreinte génétique , non-respect de votre aménagement de peine , sanction disciplinaire en cas d’introduction d’objets dangereux ou de drogues dans l’établissement pénitentiaire)

  • Après votre libération, vous ne respectez pas les obligations et interdictions fixées par le juge de l'application des peines.

  • Mauvaise conduite

    L'année suivant celle au cours de laquelle la réduction vous a été accordée, votre comportement est contrôlé.

    En cas de mauvaise conduite, le chef de l'établissement pénitentiaire, le procureur de la République ou le Jap peuvent envisager de vous retirer la réduction de peine.

    Si un tel retrait est envisagé, vous êtes prévenu (ou votre avocat est informé) au moins 10 jours avant la date d'examen de votre situation.

    Durant ce délai, vous (ou votre avocat) pouvez formuler des observations écrites pour vous défendre.

    Vous pouvez remettre ces observations au Jap grâce à un formulaire qui vous est transmis par le chef de l'établissement pénitentiaire dont vous dépendez.

    Le Jap peut également vous convoquer pour vous entendre.

    La décision de retrait est prise par le juge de l'application des peines, après avis de la commission de l'application des peines .

    Il peut vous retirer tout ou partie de la réduction de peine qui vous a été accordée.

    Il est possible de faire appel de cette décision dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance.

    C'est la chambre de l'application des peines qui examinera votre recours.

    Devant la chambre de l'application des peines, vous devez être assisté d'un avocat.

    Avocat

    Conseil national des barreaux (CNB)

    Si vous ne disposez pas des ressources financières suffisantes pour faire appel à un tel professionnel, vous pouvez éventuellement demander l'aide juridictionnelle .

    Non-respect des obligations fixées par le Jap

    Si vous ne respectez pas vos obligations et interdictions après votre libération, le Jap peut décider de vous retirer tout ou partie des réductions de peine qu'il vous a accordé. Ainsi, vous pouvez être réincarcéré.

    Pour prendre sa décision, le Jap entend vos observations (ou celles de votre avocat) et celles du procureur de la République au cours d'un débat contradictoire .

    À l'issue de ce débat, le juge de l'application des peines rend une ordonnance qui précise les motifs du retrait.

    Il est possible de faire appel de cette décision dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance.

    C'est la chambre de l'application des peines qui examinera votre recours.

    Devant la chambre de l'application des peines, vous devez être assisté d'un avocat.

    Avocat

    Conseil national des barreaux (CNB)

    Si vous ne disposez pas des ressources financières suffisantes pour faire appel à un tel professionnel, vous pouvez éventuellement demander l'aide juridictionnelle .

    Informations complémentaires

    Le mécanisme des réductions de peine auquel vous pouvez bénéficier dépend de la date à laquelle vous avez été écroué  : après le 1er janvier 2023 ou avant le 1er janvier 2023 . Quelle que soit la date de mise sous écrou, aucune réduction de peine ne peut vous être accordée si vous avez été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité .

    Date de mise sous écrou :

    Définitions

    Peine privative de liberté
    Sanction pénale qui consiste à placer la personne en prison. L’emprisonnement peut être remplacé par une limitation de la liberté de circulation en raison d’un aménagement de peine (exemple : placement à l'extérieur, semi-liberté ou détention à domicile sous surveillance électronique)
    Infraction
    Acte interdit par la loi et puni d'une sanction pénale. Il existe 3 types d'infractions classés en fonction de leur gravité : les contraventions, les délits et les crimes
    Condamnation définitive
    Qui ne peut plus faire l'objet d'un recours
    Mise sous écrou
    Acte administratif par lequel une personne est physiquement incarcérée dans un établissement pénitentiaire, en raison d'une détention provisoire ou à la suite d'une condamnation à une peine de prison. Cet acte marque le début de l'exécution de la peine ou de la mesure de détention provisoire.
    Perpétuité
    Peine indéterminée conduisant à l'incarcération d'un détenu soit jusqu'à la fin de sa vie, soit jusqu'à une éventuelle décision des juridictions pénales
    Placement à l'extérieur
    Aménagement qui permet à la personne condamnée de sortir de prison pour exercer une activité professionnelle ou bénéficier d'une prise en charge sanitaire. La personne dort en prison ou dans un endroit désigné par le juge. Cet aménagement peut être accordé aux personnes condamnées à une peine inférieure ou égale à 2 ans de prison ou pour lesquelles il ne reste que 2 ans de prison à accomplir.
    Semi-liberté
    Aménagement qui permet au détenu de quitter la prison pendant la journée et d'y retourner le soir, dans le but d’exercer une activité professionnelle, de suivre un enseignement ou une formation, de rechercher un emploi, etc. La semi-liberté peut être accordée à la personne condamnée à une peine inférieure ou égale à 2 ans de prison ou à laquelle il ne reste que 2 ans de prison à accomplir
    Détention à domicile sous surveillance électronique
    Aménagement de la peine au cours duquel le condamné doit rester à domicile ou dans le lieu désigné par le juge, sauf en dehors des périodes qu’il fixe. La personne qui en bénéficie porte un bracelet électronique. Cet aménagement peut être accordé à la personne condamnée à une peine inférieure ou égale à 2 ans de prison ou à laquelle il ne reste que 2 ans de prison à accomplir
    Juge de l'application des peines
    Juge compétent pour superviser la manière dont la peine va être appliquée à une personne condamnée
    Récidive légale
    Fait, pour une personne déjà condamnée, de commettre une nouvelle infraction identique ou assimilée, dans un certain délai, et pouvant entraîner une peine plus lourde que celle normalement prévue.
    Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP)
    Service départemental de l'administration pénitentiaire qui assure le contrôle et le suivi des peines exécutées au sein d'un établissement pénitentiaire ou en milieu ouvert
    Requête
    Écrit formalisé permettant de saisir un tribunal
    Commission de l'application des peines
    Commission consultative, présente dans chaque établissement pénitentiaire, qui assiste le juge de l'application des peines lors de la prise de certaines décisions concernant l'exécution d'une sanction pénale
    Décision motivée (justice)
    Obligation pour le juge d'expliquer les raisons pour lesquelles il a pris cette décision
    Chambre de l'application des peines
    Juridiction qui dépend de la cour d'appel et qui a pour rôle d'examiner les recours contre les décisions relatives à l'exécution des peines
    Notification
    Formalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne
    Peine encourue
    Peine maximale prévue par un texte légal ou réglementaire et qui peut être prononcée par le juge
    Dépositaire de l'autorité publique
    Personne qui a reçu un pouvoir de sanction et/ou de contrainte de la part des pouvoirs publics
    Suivi socio-judiciaire
    Peine complémentaire ou principale en matière de délit, qui impose à la personne condamnée le respect de différentes mesures telles que l'obligation de répondre aux convocations, de prévenir d'un changement d'adresse, l'interdiction de fréquenter certains lieux ou les injonctions de soins
    Détention provisoire
    Emprisonnement d'une personne mise en cause dans une affaire pénale, avant la tenue de son procès
    Complice
    Personne qui aide l'auteur des faits à accomplir l'infraction
    Empreinte génétique
    Suite de chiffres, établie à partir de l'analyse de quelques segments de l'ADN d'un individu, qui est suffisamment caractéristique pour permettre de l'identifier.
    Aménagement de peine
    Mode d'exécution d'une peine de prison ferme qui permet à la personne condamnée d’effectuer tout ou partie de sa peine en dehors d’une prison (détention à domicile sous surveillance électronique, semi-liberté, placement à l'extérieur, libération conditionnelle, etc.)
    Procureur de la République
    Magistrat à la tête du parquet (ou ministère public). Il est destinataire des plaintes et signalements. Il dirige les enquêtes, décide des poursuites et veille à l'application de la loi.
    Débat contradictoire
    Débat où chaque partie est en mesure d'exposer son point de vue et de discuter des preuves, faits, arguments liés à l'affaire concernée
    Ordonnance
    Nom donné à certaines décisions de justice prises par un magistrat unique (président de juridiction, juge d'instruction, etc.). Par exemple, une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel prise par un juge d'instruction.
    Décision définitive
    Décision qui ne peut plus être contestée devant la cour d'appel, la Cour de cassation ou le Conseil d'État, car les délais pour exercer une voie de recours (appel, opposition, pourvoi en cassation) sont épuisés
    Terrorisme
    Infraction qui consiste à commettre un crime ou un délit (exemple : vol, dégradation de biens, enlèvement, assassinat) avec l'intention de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur
    Emprisonnement
    Peine de prison prononcée en cas de délit

    Questions associées

    Qui peut vous aider

    Service pénitentiaire d'insertion et de probation (Spip)

    Voir le site

    Références

    Fiches connexes