Logement

Syndic de copropriété

Chaque copropriété doit avoir un syndic pour l'administrer et gérer ses finances. Le syndic peut être un professionnel ou non.
Fiche pratiqueMis à jour le 27/02/2025Particuliers

Chaque copropriété doit avoir un syndic qui administre et gère l'immeuble. C'est l 'organe exécutif de la copropriété, puisqu'il est chargé d'exécuter les décisions de l'assemblée générale et d'appliquer le règlement de copropriété. Le syndic peut être un professionnel ou un non professionnel désigné parmi les copropriétaires. Comment est choisi le syndic et quelles sont ses missions ? Nous faisons le point sur les informations à connaître.

Selon votre situation

Syndic professionnel

Qu'est-ce qu'un syndic professionnel ?

Le syndic professionnel est une personne morale ou physique qui exerce, en son nom propre ou au sein d'une société, l'activité de syndic.Le syndic professionnel doit obligatoirement remplir les 3 conditions suivantes :
  • Être titulaire d'une carte professionnelle portant la mention syndic de copropriété délivrée par la chambre de commerce et d'industrie (CCI)

  • Et justifier d'une garantie financière, destinée à assurer à la copropriété le remboursement de ses fonds en cas de faillite ou de détournement de fonds

  • Et justifier d'une assurance responsabilité civile professionnelle , destinée à couvrir les dommages que le syndic pourrait causer au syndicat des copropriétaires ou à un copropriétaire dans le cadre de son activité.

  • Comment le syndic professionnel est-il désigné ?

    La désignation du syndic est différente entre une copropriété déjà existante et une copropriété nouvellement créée. Il existe également une procédure particulière dans le cas de l'absence de désignation d'un syndic par l' assemblée générale des copropriétaires .

    Copropriété existante

    Le syndic est désigné lors de l'assemblée générale des copropriétaires par un vote des copropriétaires à la majorité absolue (dite majorité de l'article 25).

    Cette désignation suit plusieurs étapes.

    1. Mise en concurrence

    Tout d'abord, préalablement à l'assemblée générale, le conseil syndical doit réaliser une mise en concurrence de plusieurs projets de contrat de syndic. En pratique, cela consiste à interroger plusieurs syndics afin d'obtenir :

    • Un projet de contrat

    • Une fiche d'information sur le prix et les prestations proposées.

    Ces éléments permettent aux copropriétaires de comparer les différentes propositions.

    Cette mise en concurrence s'applique dans le cas d'une désignation d'un nouveau syndic ou d'un renouvellement du contrat du syndic déjà en place.

    À savoir

    La mise en concurrence n'est pas obligatoire si la copropriété n'a pas de conseil syndical ou si les copropriétaires s'y sont opposés l'année précédente par un vote à la majorité absolue .

    Tout copropriétaire peut, par ailleurs, demander au syndic d'inscrire à l' ordre du jour de l'assemblée générale des copropriétaires, l'examen d'un ou plusieurs projets de contrat de syndic qu'il lui communique à cet effet.

    2. Notification des projets de contrat

    Ensuite, les projets de contrat sont notifiés (envoyés) aux copropriétaires en même temps que l'ordre du jour de l'assemblée générale. En principe, ils sont annexés à la convocation à l'assemblée générale.

    Attention

    Si l'assemblée générale désigne un syndic dont le contrat n'a pas été annexé à la convocation, cette décision peut être remise en cause par un copropriétaire absent ou opposant .

    3. Désignation

    Enfin, les projets de contrat sont successivement présentés aux copropriétaires lors de l'assemblée générale, avant qu'ils procèdent au vote du syndic de leur choix. La décision qui désigne le syndic approuve aussi son contrat.

    La résolution portant sur la désignation du syndic doit mentionner la durée et la date d'échéance de son mandat.

    Rappel

    Le vote des copropriétaires s'effectue à la majorité absolue (majorité dite de l'article 25).

    Nouvelle copropriété

    Une nouvelle copropriété doit obligatoirement désigner un syndic provisoire à sa création. En principe, ce syndic est mis en place par le promoteur immobilier. Sa désignation est mentionnée dans le règlement de copropriété , pour une durée d'un an maximum.

    À l'expiration de ce délai, son contrat prend automatiquement fin.

    C'est pourquoi, le syndic provisoire a pour obligation de convoquer la première assemblée générale des copropriétaires durant cette année, lors de laquelle il sera voté :

    • Le maintien du syndic provisoire dans ses fonctions, après mise en concurrence de plusieurs contrats de syndic effectuée par le conseil syndical, s'il en existe un, ou par les copropriétaires

    • Ou la désignation d'un nouveau syndic.

    À savoir

    Le syndic retenu doit être désigné par un vote des copropriétaires à la majorité absolue (majorité dite de l'article 25).

    Absence de désignation d'un syndic en assemblée générale des copropriétaires

    Il est possible que les copropriétaires ne désignent pas de syndic lors de l'assemblée générale convoquée à cette fin. C'est le cas, par exemple, lorsque le mandat du syndic n'a pas été renouvelé ou si la majorité requise n'a pas été atteinte.

    Dans cette hypothèse, le syndic est désigné par le président du tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble , sur demande :

    • D'un ou plusieurs copropriétaires

    • Ou du maire de la commune

    • Ou du président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat du lieu de situation de l'immeuble.

    Il est obligatoire de se faire accompagner par un avocat pour cette démarche.

    Quelles sont les missions du syndic professionnel ?

    Le syndic est le représentant légal du syndicat des copropriétaires . Il agit ainsi au nom et pour le compte de l'ensemble des copropriétaires, selon les missions listées dans son contrat.

    Gestion financière et comptable

    Le syndic assure la gestion comptable et financière de la copropriété. Cette mission inclut notamment :

    • L'établissement du budget prévisionnel de la copropriété.

      Le syndic établit le budget prévisionnel, en concertation avec le conseil syndical , et le fait voter chaque année par l'assemblée générale des copropriétaires.

    • La tenue de la comptabilité du syndicat des copropriétaires.

      Le syndic doit enregistrer toutes les dépenses (frais d'assurance, ménage, gardien, eau, ascenseur, etc.) et les recettes du syndicat des copropriétaires (par exemple, le paiement des charges) dans un document appelé « grand livre ». Il doit également établir les comptes annuels et les faire voter en assemblée générale.

    • La gestion et le recouvrement des charges de la copropriété.

      Le syndic établit le montant des charges dû par chaque copropriétaire et envoie les appels de fond correspondant. Il doit également s'occuper du recouvrement des charges impayées.

    • L'ouverture d'un compte bancaire séparé au nom du syndicat des copropriétaires.

      Le syndic doit ouvrir un compte bancaire séparé au nom du syndicat des copropriétaires, dans les 3 mois de sa désignation . La notion de compte séparé implique que le titulaire du compte soit le syndicat des copropriétaires. La personne apparaissant sur les relevés bancaires comme titulaire du compte doit donc être le syndicat des copropriétaires, et non le syndic. Toutes les sommes reçues au nom et pour le compte du syndicat des copropriétaires doivent être versées sur ce compte.

    Gestion administrative

    Le syndic doit notamment remplir les missions suivantes :

    • Immatriculer l'immeuble dans le registre national des copropriétés

    • Établir et mettre à jour de la liste de tous les copropriétaires avec indication de leur lot, état civil, domicile et, s'ils ont donné leur accord, leur adresse électronique

    • Faire exécuter le règlement de copropriété et les décisions prises lors de l'assemblée générale des copropriétaires

    • Organiser la tenue d'une assemblée générale annuelle.

      Le syndic doit préparer, convoquer et être présent lors de l'assemblée générale. Il doit également rédiger le procès-verbal de l'assemblée et l'envoyer à tous les copropriétaires.

    • Administrer l'immeuble, assurer sa conservation, son entretien et, en cas d'urgence, faire exécuter les travaux nécessaires.

      Le syndic est chargé de gérer l'immeuble au quotidien pour assurer son bon fonctionnement et son entretien. Il doit, notamment, entretenir les parties communes de l'immeuble (par exemple, organiser le nettoyage, les petites réparations ou l'entretien de l'ascenseur) et assurer la sécurité des occupants (par exemple, veiller aux respects des normes incendies).

      Il doit également inscrire à l' ordre du jour de l'assemblée générale, tous les travaux qu'il juge utile ou nécessaire pour la préservation de l'immeuble (par exemple, réfection de la toiture, ravalement, rénovation énergétique etc.).

    • Souscrire un contrat d'assurance multirisques immeuble et de déclarer les sinistres touchant les parties communes

    • Souscrire un contrat d'assurance contre les risques de responsabilité civile dont le syndicat des copropriétaires doit répondre.

      Cette assurance permet, notamment, de couvrir les dommages subis par un copropriétaire ou un tiers du fait des parties communes de l'immeuble.

    • Obtenir l'autorisation de l'assemblée générale de signer des contrats avec tout entreprise ou prestataire qui est lié au syndic

    • Établir et mettre à jour le carnet d'entretien de l'immeuble

    • Représenter le syndicat des copropriétaires dans les actes de la vie civile (par exemple, conclusions des contrats avec les prestataires ou les fournisseurs de l'immeuble), les actes d' acquisition ou d' aliénation des parties communes et en justice

    • Informer les copropriétaires et les occupants qu'un immeuble fait l'objet d'une procédure relevant de l'exercice de la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations

    • Gérer les archives du syndicat des copropriétaires

    • Gérer les salariés (par exemple, gardien) de la copropriété.

    À ce titre, le syndic engage et met fin au contrat le personnel employé par le syndicat des copropriétaires et fixe les conditions de son travail.

    Communication des documents de la copropriété

    Le syndic doit proposer un accès en ligne aux documents qui concernent la gestion de l'immeuble ou des lots de copropriétés gérés.

    L'accès en ligne doit être sécurisé. Il doit être accessible aux membres du conseil syndical et aux copropriétaires au moyen d'un code personnel.

    Les documents mis à disposition doivent être téléchargeables et imprimables.

    Cet accès doit être différencié selon la nature des documents mis à disposition :

    Documents accessibles aux membres du conseil syndical

    Le syndic doit au minimum mettre à disposition les documents suivants :

    Liste de tous les copropriétaires

    Balances générales des comptes du syndicat des copropriétaires et relevé général des charges et produits de l'exercice échu

    Relevés périodiques des comptes bancaires séparés ouverts au nom du syndicat des copropriétaires

    Assignations en justice délivrées au nom du syndicat des copropriétaires concernant les procédures judiciaires en cours et décisions de justice dont les délais de recours n'ont pas expiré

    Carte professionnelle du syndic, attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle et attestation de garantie financière en cours de validité.

    Si le syndic ne transmet pas les documents au-delà d'un mois au conseil syndical qui en fait la demande, 15 € par jour de retard sont retenus sur sa rémunération forfaitaire annuelle. Ces pénalités sont déduites de sa rémunération lors de l'arrêté des comptes à soumettre à l'assemblée générale des copropriétaires.

    • Liste de tous les copropriétaires

    • Balances générales des comptes du syndicat des copropriétaires et relevé général des charges et produits de l'exercice échu

    • Relevés périodiques des comptes bancaires séparés ouverts au nom du syndicat des copropriétaires

    • Assignations en justice délivrées au nom du syndicat des copropriétaires concernant les procédures judiciaires en cours et décisions de justice dont les délais de recours n'ont pas expiré

    • Carte professionnelle du syndic, attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle et attestation de garantie financière en cours de validité.

    À savoir

    Si le syndic ne transmet pas les documents au-delà d'un mois au conseil syndical qui en fait la demande, 15 € par jour de retard sont retenus sur sa rémunération forfaitaire annuelle. Ces pénalités sont déduites de sa rémunération lors de l'arrêté des comptes à soumettre à l'assemblée générale des copropriétaires.

    Documents accessibles à l'ensemble des copropriétaires

    Le syndic doit, au minimum, mettre à disposition les documents suivants :

    Règlement de copropriété, état descriptif de division et actes les modifiant s'ils ont été publiés

    Dernière fiche synthétique de la copropriété

    Carnet d'entretien de l'immeuble

    Diagnostics techniques concernant les parties communes de l'immeuble en cours de validité

    Contrats d'assurance de l'immeuble conclus par le syndic au nom du syndicat des copropriétaires en cours de validité

    Ensemble des contrats et marchés en cours signés par le syndic au nom du syndicat des copropriétaires, à l'exclusion des contrats de travail

    Contrats d'entretien et de maintenance des équipements communs en cours

    Procès-verbaux des 3 dernières assemblées générales annuelles ayant été appelées à connaître des comptes et les devis de travaux approuvés lors de ces assemblées

    Contrat du syndic en cours.

    Si le syndic ne transmet pas la fiche synthétique au delà d'un mois au copropriétaire qui en fait la demande, 15 € par jour de retard sont retenus sur sa rémunération forfaitaire annuelle. Ces pénalités sont déduites de sa rémunération lors de l'arrêté des comptes à soumettre à l'assemblée générale des copropriétaires.

    • Règlement de copropriété, état descriptif de division et actes les modifiant s'ils ont été publiés

    • Dernière fiche synthétique de la copropriété

    • Carnet d'entretien de l'immeuble

    • Diagnostics techniques concernant les parties communes de l'immeuble en cours de validité

    • Contrats d'assurance de l'immeuble conclus par le syndic au nom du syndicat des copropriétaires en cours de validité

    • Ensemble des contrats et marchés en cours signés par le syndic au nom du syndicat des copropriétaires, à l'exclusion des contrats de travail

    • Contrats d'entretien et de maintenance des équipements communs en cours

    • Procès-verbaux des 3 dernières assemblées générales annuelles ayant été appelées à connaître des comptes et les devis de travaux approuvés lors de ces assemblées

    • Contrat du syndic en cours.

    À savoir

    Si le syndic ne transmet pas la fiche synthétique au delà d'un mois au copropriétaire qui en fait la demande, 15 € par jour de retard sont retenus sur sa rémunération forfaitaire annuelle. Ces pénalités sont déduites de sa rémunération lors de l'arrêté des comptes à soumettre à l'assemblée générale des copropriétaires.

    Documents concernant le lot d'un copropriétaire

    Le syndic doit au minimum mettre à disposition les documents suivants :

    Compte individuel du copropriétaire après approbation des comptes du syndicat par l'assemblée générale des copropriétaires annuelle

    Montant des charges courantes du budget prévisionnel et charges hors budget prévisionnel des 2 derniers exercices comptables clos payées par le copropriétaire

    Montant de la part du fonds de travaux rattachée au lot du copropriétaire après approbation des comptes du syndicat par l'assemblée générale des copropriétaires annuelle

    Avis d'appel de fonds adressés au copropriétaire sur les 3 dernières années.

    • Compte individuel du copropriétaire après approbation des comptes du syndicat par l'assemblée générale des copropriétaires annuelle

    • Montant des charges courantes du budget prévisionnel et charges hors budget prévisionnel des 2 derniers exercices comptables clos payées par le copropriétaire

    • Montant de la part du fonds de travaux rattachée au lot du copropriétaire après approbation des comptes du syndicat par l'assemblée générale des copropriétaires annuelle

    • Avis d'appel de fonds adressés au copropriétaire sur les 3 dernières années.

    Quel est le contenu du contrat du syndic professionnel ?

    Le mandat donné au syndic pour gérer l'administration et les finances de la copropriété prend la forme d'un contrat-type dont le contenu est règlementé.Ce contrat fixe les éléments suivants :
  • Durée du mandat (avec date de début et fin)

  • Conditions de la rémunération

  • Détail des prestations

  • Conditions d'exécution de la mission.

  • Le modèle de contrat-type est consultable en ligne :

    Contrat de syndic réglementé

    Legifrance

    À savoir

    Le syndic qui ne respecte par le contrat-type peut être condamné à une amende administrative d'un montant maximum de 3 000 € pour une personne phyique et de 15 000 € pour une personne morale.

    Le contrat de syndic peut également mentionner des prestations de services autres que celles relevant de sa mission de syndic. Ces prestations doivent être préalablement demandées et autorisées par l'assemblée générale des copropriétaires, au moyen d'un vote à la majorité absolue .

    Quelle est la durée du mandat du syndic professionnel ?

    Le contrat de syndic est conclu pour une durée déterminée. Le contrat fixe la durée et précise les dates calendaires de début et de fin.Cette durée doit être obligatoirement prévue par un vote en assemblée générale des copropriétaires.Si le syndic ou toute personne avec laquelle il vit en couple ou est lié (par exemple, employé) a participé à la construction de l'immeuble en tant que promoteur ou architecte, la durée du mandat est de 1 an maximum . En dehors de ce cas, la durée du mandat est de 3 ans maximum.La durée du mandat est renouvelable. Ce renouvellement doit être voté en assemblée générale des copropriétaires à la majorité absolue .

    Comment prend fin le mandat du syndic ?

    Le contrat du syndic prend fin en raison d'un non-renouvellement de son mandat ou d'une résiliation anticipée de son mandat.

    Non-renouvellement du mandat

    La copropriété peut décider de ne pas renouveler le contrat du syndic. La copropriété doit alors inscrire à l' ordre du jour d'une assemblée générale des copropriétaires tenue dans les 3 mois précédant la fin du contrat :

    • La désignation d'un nouveau syndic

    • La fixation d'une date anticipée de fin de contrat.

    Lorsque l'initiative vient du syndic, il doit informer le conseil syndical de son intention de ne pas conclure un nouveau contrat au plus t ard 3 mois avant la tenue de cette assemblée générale des copropriétaires.

    Au cours de l'assemblée générale, les copropriétaires désignent un nouveau syndic et fixent les dates de fin du contrat en cours et de début du nouveau contrat, qui doivent intervenir au plus tôt 1 jour franc après la tenue de cette assemblée.

    Résiliation anticipée du mandat

    Dans certains cas, il est possible de mettre fin au mandat en cours du syndic .

    Dans quel cas la responsabilité du syndic professionnel est-elle engagée ?

    La responsabilité du syndic peut être engagée lorsqu'il commet une faute, civile ou pénale, dans le cadre de ses fonctions, à l'origine d'un dommage.

    Responsabilité civile du syndic

    La responsabilité civile du syndic peut être engagée par le syndicat des copropriétaires, un ou plusieurs copropriétaires ou des tiers.

    Responsabilité envers le syndicat des copropriétaires

    Le syndic est le mandataire du syndicat des copropriétaires. En raison de la signature du contrat de syndic qui lie les parties, le syndic a une responsabilité dite « contractuelle » à l'égard du syndicat des copropriétaires .

    Cela signifie que, pour engager sa responsabilité, le syndicat des copropriétaires doit prouver que :

    • Le syndic a rempli de façon incorrecte ou incomplète, ses missions

    • Et que cette faute est à l'origine d'un dommage (financier ou matériel).

    Exemple

    La responsabilité du syndic a pu être retenue dans les cas suivants :

    Manquement à son obligation d'exécuter les décisions d'assemblée générale (intenter une action en justice à l'égard d'un notaire ou d'un copropriétaire)

    Commande de travaux non urgents sans autorisation de l'assemblée générale

    Commande de travaux supplémentaires non autorisés

    Règlement de façon erronée ou abusive des factures à des prestataires/fournisseurs

    Appel de fonds insuffisants pour couvrir les dépenses courantes de l'immeuble ou pour effectuer des réparations nécessaires

    Défaut de réalisation des travaux de réfection utiles

    Défaut d'information sur la nécessité de souscrire une assurance dommages-ouvrage pour l'exécution de travaux de ravalement.

    Dans ce cas, il est possible de saisir la justice pour réparer le dommage subi par l'obtention de dommages et intérêts . Il est également possible de demander la révocation du mandat du syndic .

    Pour ces actions judiciaires, il est recommandé de se faire accompagner par un avocat.

    Responsabilité envers les copropriétaires

    Par ses agissements, le syndic peut nuire aux intérêts d'un ou plusieurs copropriétaires.

    Pour engager la responsabilité du syndic, le copropriétaire concerné doit prouver que :

    • Le syndic a rempli de façon incorrecte ou incomplète ses missions ou commis une faute étrangère à ses fonctions

    • Et que cette faute est à l'origine d'un dommage personnel (financier, matériel ou moral).

    Dans ce cas, il est possible d'introduire une action en justice à l'encontre du syndic pour obtenir la réparation financière, par le versement de dommages et intérêts, des préjudices subis. Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat.

    Responsabilité envers les tiers

    Le syndic est également responsable de ses agissements, à titre personnel et dans le cadre de ses fonctions, à l'égard des tiers. Il s'agit, notamment, des salariés du syndicat des copropriétaires, des locataires, des fournisseurs, des prestataires ou des voisins.

    Exemple

    Un syndic engage ainsi sa responsabilité à l'égard d'un entrepreneur en lui passant une commande de travaux importante, tout en sachant que syndicat des copropriétaires n'a pas les fonds suffisants et ne pourra pas le payer.

    Responsabilité pénale du syndic

    La responsabilité pénale du syndic peut être recherchée s'il commet, dans l'exercice de ses missions, une faute qui correspond à une infraction pénale.

    Il est possible de les classer en 3 catégories :

    1. Les infractions volontairement commises, notamment dans le cadre de la gestion financière (par exemple, abus de confiance, escroquerie, détournement de fonds)

    2. Les infractions involontairement commises, qui proviennent d'une imprudence, d'une négligence ou d'une inattention (par exemple, blessures involontaires par défaut d'entretien ou de surveillance)

    3. Les infractions à une législation spéciale. C'est notamment le cas des infractions aux règles d'urbanisme (par exemple, travaux non conforme au permis de construire), aux règles d'hygiène ou de sécurité, au règlement sanitaire ou à la législation du travail (par exemple, travail dissimulé).

    Comment engager la responsabilité de son syndic professionnel ?

    Pour engager la responsabilité du syndic de copropriété, il est nécessaire de respecter plusieurs étapes.

    1. Identifier la faute du syndic

    Tout d'abord, il est impératif d'identifier le manquement du syndic à ses fonctions.

    De même, il faut s'assurer que cette faute est à l'origine du dommage subi. En d'autres termes, le préjudice doit être une conséquence de la faute reprochée.

    2. Estimer le dommage subi

    Ensuite, il convient de valoriser le dommage subi, c'est-à-dire d'en estimer le montant afin d'obtenir une réparation équitable. Cette évaluation peut se faire, par exemple, à l'aide de devis ou de factures.

    3. Mettre en demeure le syndic

    Par ailleurs, il est nécessaire d’envoyer un courrier de mise en demeure au syndic qui contient :

    • Un détail des faits, des manquements/fautes reprochés et du ou des dommages subis

    • Une demande de compensation financière et/ou la rectification des agissements critiqués dans un délai raisonnable.

    Ce courrier doit être envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception.

    À savoir

    Il est possible d'envoyer une copie de la mise en demeure à l'assureur responsabilité civile professionnelle du syndic. En principe, le nom de l'assureur et le numéro de contrat sont mentionnés dans le mandat signé avec le syndicat des copropriétaires.

    4. Faire voter en assemblée générale une autorisation d'agir en justice

    Cette étape préalable est obligatoire uniquement dans le cadre d'une action en justice souhaitée par le syndicat des copropriétaires à l'encontre de son syndic.

    Deux situations sont à distinguer.

    1. Action en justice à l'encontre d'un ancien syndic

    Dans cette hypothèse, l'actuel syndic doit être autorisé à agir en justice par une décision de l'assemblée générale.

    Cette autorisation doit mentionner :

    • L'objet de la demande en justice

    • Les personnes visées

    • Et la nature de l'action (action en responsabilité).

    L'autorisation accordée au syndic doit être adoptée à la majorité des voix des personnes présentes, représentées ou ayant voté par correspondance (majorité dite de l'article 24).

    2. Action en justice à l'encontre du syndic en exercice

    Le président du conseil syndical doit convoquer une assemblée générale des copropriétaires afin d'obtenir une délégation expresse d'agir contre le syndic défaillant, en cas de carence ou d'inaction du syndic.

    5. Intenter une action en justice

    Enfin, si le syndic ne réagit pas ou persiste dans ses fautes, il est possible d'intenter une action en justice devant le tribunal judiciaire du domicile du défendeur (siège du syndic).

    Si le montant du litige est inférieur ou égal à 10 000 € , il est recommandé de se faire accompagner par un avocat.

    Si le montant du litige est supérieur à 10 000 € , il est obligatoire de se faire représenter par un avocat.

    Par ailleurs, si le syndic a commis une ou plusieurs infractions pénales , il est possible de déposer une plainte à son encontre.

    Définitions

    Copropriété
    Immeuble(s) bâtis à usage total ou partiel d'habitation dont la propriété est répartie par lots entre plusieurs personnes. Le lot de copropriété comporte obligatoirement une partie privative et une quote-part de parties communes. Elles sont inséparables.
    Personne physique
    Individu qui possède une personnalité juridique, ce qui lui permet de conclure des actes juridiques
    Assemblée générale ordinaire
    Réunion annuelle obligatoire lors de laquelle sont notamment discutés par les copropriétaires, le budget prévisionnel et l'approbation des comptes
    Majorité absolue
    Majorité des voix de tous les copropriétaires de l'immeuble (présents, représentés et absents)
    Ordre du jour
    Liste des sujets qui seront discutés et votés lors de l'assemblée générale des copropriétaires
    Copropriétaire opposant
    Copropriétaire ayant voté Contre une résolution alors que la majorité des copropriétaires a voté Pour ou Copropriétaire ayant voté Pour une résolution alors que la majorité des copropriétaires a voté Contre
    Recettes (comptabilité)
    Montant total des encaissements réalisés par l’entreprise au cours de l’année comptable
    Parties communes d'une copropriété
    Parties de bâtiments (couloirs, chaudière, canalisation, garde-corps...) et des terrains (jardins, parcs...) affectés à l'usage ou à l'utilité de tous les copropriétaires
    Acquisition
    Action par laquelle une personne devient propriétaire d'un bien ou d'un droit
    Aliénation
    Transfert volontaire à autrui de la propriété d'un bien (ou d'un droit) à titre onéreux ou gratuit (vente, donation, don manuel, legs, ...)
    Vivre en couple
    Mariage, Pacs ou concubinage (union libre)
    Jour franc
    Jour qui dure de 0h à 24h. Un délai ainsi calculé ne tient pas compte du jour de la décision à l'origine du délai, ni du jour de l'échéance. Si le délai s'achève un samedi ou un dimanche, il est reporté au lundi. Si le délai s'achève un jour férié, il est reporté d'un jour. Ainsi, par exemple, si un délai s'achève un samedi et le lundi suivant est un jour férié, il est reporté au mardi.
    Mandataire
    Personne chargée par une autre de la représenter et d'agir en son nom
    Dommages et intérêts
    Somme d'argent destinée à réparer le préjudice subi
    Carence (syndic)
    Situation dans laquelle le syndic manque à ses missions, entrainant une mauvaise ou une absence de gestion de l'immeuble
    Infraction
    Acte interdit par la loi et passible de sanctions pénales
    Copropriétaire
    Personne physique ou morale (société/entreprise) propriétaire d'un ou plusieurs lots dans un immeuble
    Lucratif
    Qui crée un gain financier ou des bénéfices
    Lot de copropriété
    Partie de bâtiment comportant obligatoirement une partie privative et une quote-part de parties communes

    Questions associées

    Références

    Pour en savoir plus

    Fiches connexes